Qu’est-ce qu’une croyance limitante ?

de Lucie Drouar
4 (temps de lecture)
homme assis à la cabane au bord de la rue

Une croyance limitante, c’est la petite voix négative tout droit sortie de notre inconscient qui nous empêche de nous projeter dans des scénarios de réussite.

Elle nous dicte nos limites depuis tellement longtemps que l’on a inscrit en soi que tout cela était vrai.

Pourtant, les croyances limitantes sont multifactorielles et peuvent se déconstruire, alors faisons un tour d’horizon de ses origines et de son impact, puis mettons en place des outils pour l’intercepter.

homme bloqué par ses croyances limitantes

Le psychologue, Robert M. Williams a mené une étude en neurosciences qui révèle les corrélations entre les croyances, les émotions et l’impact que cela a sur notre état psychologique.

Les croyances sont comme des filtres sur un appareil photo.

Ce que la caméra « voit » est défini en fonction des filtres à travers lesquels elle voit son sujet.

En d’autres termes, la façon dont nous « voyons » le monde est en impacté par nos croyances et influence profondément la personnalité.

En raison de nos croyances, nous nous définissons comme dignes ou sans valeur, puissants ou impuissants, compétents ou incompétents, confiants ou méfiants, appartenant ou exclus, autonomes ou dépendants, flexibles ou critiques, traités équitablement ou victimisés, aimés ou détestés.

Vos croyances ont des conséquences de grande portée, à la fois positives et négatives, dans votre vie. Les croyances affectent votre humeur, vos relations, votre rendement au travail, votre estime de soi, votre santé physique et même vos perspectives religieuses ou spirituelles. »

Robert M. Williams

Je vous invite à lire l’article « comment se construire une bonne estime de soi », qui retrace les racines de notre estime de soi, le processus qui conduit à la naissance des croyances limitantes est similaire.

Quel est l’impact de nos croyances subconscientes sur nos émotions ?

Le subconscient est un état psychique dont nous n’avons pas conscience, mais qui influe sur notre comportement. En neurosciences, on sait que la base de la compréhension de nos émotions est centrée dans la relation entre le cortex cingulaire antérieur (ACC) et l’amygdale.

L’amygdale détecte toutes les émotions et les traite par ordre d’importance, la peur étant l’émotion identifiée comme la plus importante, si celle-ci est présente dans vos pensées, elle va rapidement saturer votre cerveau.

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Robert M. Williams explique que l’amygdale est connectée à plusieurs régions du cerveau. Une de ces régions est le lobe frontal, où de nombreuses décisions importantes sont traitées.

Si l’amygdale est saturée par la peur, l’activation affectera diverses régions du lobe frontal, en particulier le cortex préfrontal qui joue un rôle très important dans la prise de décision, ainsi que dans les centres émotionnels.

La croyance limitante est basée sur la peur. Celle d’échouer, celle d’être incapable de faire quelque chose, celle de n’être pas assez ci ou ça. Le problème, c’est qu’elle consomme notre potentiel de réflexion et entrave notre capacité à créer les ressources nécessaires à notre réussite.

Notre cerveau assimile cette peur à des menaces subconscientes ce qui l’amène à rester en veille face au danger, cela induit une baisse de la réflexion et de la productivité et on se retrouve enfermé dans un cercle vicieux.

Comment vaincre ses croyances limitantes ?

Les croyances limitantes peuvent contenir une petite part de vrai. Mais ce qui les caractérise, c’est leur aspect définitif et leur ton péremptoire : « Je suis incapable de… », « il est comme ça … », « Si je fais ça, tout le monde va penser que… », « Dans la vie, il faut… ».
On peut les percevoir comme une armure qui nous garde bien au chaud dans le cocon de notre zone de confort, mais en vérité, elles nous empêchent de progresser.

Elles sont issues de :

  • Notre éducation
  • Notre environnement
  • La société


Cela peut être un ami commentant le choix de sa collègue : « changer de métier à son âge, c’est irresponsable ! », un parent qui nous dit que dans la famille « on n’a pas l’oreille musicale », un professeur qui nous humilie en disant qu’on n’arrivera jamais à rien dans la vie. Les croyances limitantes peuvent également venir d’expériences passées dont on tire des conclusions définitives et exagérées.

Chercher les pensées négatives

Pour combattre une croyance limitante, il faut d’abord savoir la repérer. Cherchez les pensées que vous formulez avec des mots à l’allure définitive comme les « toujours », « jamais », « tous… sauf moi », « dans la vie », « il faut », « je suis quelqu’un de … », « je ne suis pas assez … pour ».

Isolez cette pensée, puis essayez de l’analyser :

  • Est-ce que cette phrase a un impact positif sur vous ?
  • Pouvez-vous trouver une exception pour contredire cette affirmation ?
  • Si vous étiez face à un ami dans la même situation que lui auriez-vous dit ?
  • Et si cette croyance disparaissait, quels changements, quelles émotions cela provoquerait en vous ?
joie

Accepter la réalité

L’étape suivante est d’accepter la petite part de réalité qui peut être cachée dans votre croyance limitante (mais pas toujours !), puis de remodeler votre croyance en abandonnant le ton définitif.

Il faut réussir à faire accepter une alternative un peu plus positive à votre cerveau, mais comme la croyance est installée depuis longtemps il va falloir y aller de manière nuancée !

Prenons un exemple, vous vous dites « je suis trop nulle pour réussir ce projet », essayons de la reformuler ainsi : « je ne suis pas nulle, mais je n’ai pas les ressources nécessaires pour réaliser ce projet pour l’instant ».

N’hésitez pas à piocher dans ces débuts de phrases pour tester de nouvelles manières de formuler votre croyance : « pour le moment », « il se peut que », « j’ai l’impression que »,  » j’aurais préféré que ».

Et la dernière étape est d’amorcer une ouverture, afin de laisser entrevoir à votre esprit la possibilité d’un progrès.

Reprenons l’exemple de tout à l’heure, on partait de « je suis trop nulle pour réussir ce projet », transformé en « je ne suis pas nulle, mais je n’ai pas les ressources nécessaires pour réaliser ce projet pour l’instant ».

L’ouverture pourrait être « je ne suis pas nulle, je n’ai juste pas les ressources nécessaires pour réaliser ce projet pour l’instant, mais si j’arrive à passer x étape je serais plus près du but ».

Rien ne vous empêche de transformer votre croyance limitante une première fois, puis de la modifier successivement au gré de vos progrès, jusqu’à, qui sait, l’annihiler ?

Sources : FanninWilliams.CQ-copy.pdf (psych-k.com)
Images : Freepik

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