Comment maîtriser une crise d’angoisse

de Lucie Drouar
2 min (temps de lecture)
crise d'angoisse

La crise d’angoisse est une plongée dans un état terrifiant et difficilement descriptible pour celui qui le vit. C’est comme une aspiration dans le noir, une perte de contact avec le réel et l’angoisse qui nous submerge au point que l’on pense en mourir. Pendant la crise, notre émotionnel prend complètement le dessus sur notre rationnel. Il est alors très difficile de se raisonner en se disant que ça va passer. Heureusement, on peut travailler en amont de la crise d’angoisse pour modérer un maximum les facteurs qui nous y amène et il existe aussi certains exercices pour la tempérer.

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Est-ce que la crise d’angoisse est commune ?

Les crises d’angoisse touchent 3 % de la population européenne chaque année d’après le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux édité par l’Association américaine de psychiatrie. Elles durent en moyenne 30 mn même si cela varie considérablement selon les individus. Elles peuvent apparaître de manière isolée ou répétée. Si cela se répète dans le temps, on parle de Trouble Panique.

Les causes de la crise d’angoisse

Malheureusement le mécanisme précis qui mène à une crise d’angoisse est encore méconnu, mais plusieurs facteurs ont été identifiés. Les causes principales sont internes : le stress, les phobies, les traumatismes. Cela peut se coupler avec des causes externes, cela peut alors être l’environnement qui joue (par exemple des parents anxieux, un deuil ou une maladie grave).

Il y aurait potentiellement aussi une cause biologique selon certains essais sur la psychiatrie :

Il semblerait qu’il existe une anomalie dans la transmission des neurotransmetteurs, ainsi qu’une anomalie hormonale (cortisol) chez les personnes souffrant de crise d’angoisse. Les neurotransmetteurs incriminés sont la sérotonine et les catécholamines. Ainsi, il est possible qu’une alimentation pauvre en précurseur de ces neurotransmetteurs soit une cause de survenue de crise d’angoisse. Le précurseur de la sérotonine est le tryptophane (riz complet, produits laitiers, viande, œuf, poisson, chocolat) alors que le précurseur des catécholamines est la tyrosine (amande, avocat, banane, produit laitier).

En ce qui concerne les hormones, le risque de souffrir de crise d’angoisse est plus grand chez les femmes enceintes par exemple. Car chez elles, il y a une grande modification hormonale lors de la grossesse.

Xavier Gruffat pharmacien
crise d'angoisse

Les symptômes

Après avoir éliminé les causes somatiques réelles avec un médecin, on peut reconnaître la crise d’angoisse grâce à ces symptômes :

  • Impression de mort imminente
  • difficulté à respirer, souffle coupé, sensations d’étouffement
  • frissons ou bouffées de chaleur
  • nausées, douleurs intenses à l’estomac
  • palpitations cardiaques
  • violents maux de tête
  • violentes diarrhées, envies subites d’uriner
  • panique de perdre la raison
man sitting on gray dock

Les solutions

Pour modérer les crises d’angoisse en amont, il faut maintenir une hygiène de vie la plus saine possible. Cela veut dire bien dormir à horaire régulier, manger sain et faire du sport. On sait aujourd’hui que les excitants jouent un grand rôle dans l’amplification d’une crise, il convient donc d’éviter au maximum le tabac, l’alcool, le cannabis et la cocaïne.

Pendant une crise, on peut appliquer l’exercice sur les émotions fortes ou la technique du psychiatre Jérôme Palazzolo, auteur de Stop à l’anxiété sans médicaments : 

« Quand nous sommes angoissés, notre respiration s’accélère, mais elle prend un rythme inefficace et superficiel, nous inspirons et expirons beaucoup plus d’air, et de manière beaucoup plus rapide. Ce qui fait que nous accumulons du gaz carbonique et manquons d’oxygène.

Les troubles physiologiques de l’anxiété sont liés à ce phénomène. Les mains moites, l’estomac noué viennent des contractures provoquées par cette respiration saccadée. Les muscles se contractent, le cœur bat plus vite parce qu’il appelle plus d’oxygène. Il est possible de casser ce processus d’hyperventilation avec la “respiration carrée” : inspirez par le nez sur quatre temps (en comptant jusqu’à quatre). Bloquez la respiration sur quatre temps. Soufflez par le nez sur quatre temps. Bloquez à nouveau sur quatre temps. Cette technique fait tomber la crise en quelques minutes à peine, en réoxygénant le corps. »

Si vous avez vécu plus de deux crises dans un court laps de temps, prenez rendez-vous avec un professionnel.

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